Je vous disais hier que j'avais fait des gâteaux pour aujourd'hui. En effet, je fais partie d'une toute jeune société d'histoire d'un village voisin, créée il y a quelques mois et nous avions une journée de travail aujourd'hui. Les gâteaux étaient les bienvenus avec un bon café pour nous réchauffer...
Ce village abritait une très forte communauté juive et dans la première moitié du 19ème siècle, la population juive était même plus importante que la population catholique. Il y a donc un grand cimetière juif, qui appartient au consistoire israélite, avec près de 1000 tombes en théorie, mais l'ensemble (tombes + cimetière) en très mauvais état car pas entretenu depuis des dizaines d'années.
De nombreuses tombes sont envahies par le lierre, par des arbustes qui ont poussé et souvent renversées en partie (tempête de 1999 par exemple)...
Le consistoire nous ayant autorisés à y travailler, bien que n'étant pas juifs, mais au titre de la mémoire et de l'histoire du village, un bon groupe de volontaires a entrepris un premier travail de débroussaillage, d'arrachage de lierre et de mise à jour de tombes renversées qui étaient recouvertes de terre et d'herbe.
Pour moi qui adore l'histoire, la généalogie, ce fut un régal de pouvoir y travailler ! Je n'avais jamais eu l'occasion d'y entrer, le lieu est fermé en temps normal, mais j'avais très envie de voir les tombes les plus anciennes et d'y lire tous les noms que j'avais déjà vus dans les registres, car j'avais déjà travaillé sur cette commune lors de mes recherches.
Les inscriptions étaient en partie en hébreu, en partie en français ou en allemand selon la période, notamment quand l'Alsace était allemande après 1870...
Certaines sont très belles.
Voici une pierre tombale qui était à terre, recouverte de terre et d'herbe ; une fois nettoyée sommairement, on peut à peine encore y lire les inscriptions, mais avec le peu qu'on déchiffre, on peut trouver la personne enterrée là quand même...
Certaines penchent dangereusement et devront être redressées et stabilisées avant qu'on puisse les nettoyer correctement.
Les plus anciennes datent de 1840. Contrairement aux cimetières catholiques par exemple, se faire enterrer dans un cimetière juif ne coûte rien à la famille (pas de concessions de tombes sur 15 ou 30 ans par exemple) et donc il n'y a pas de date à laquelle la tombe est "rasée". Ces vieilles tombes sont souvent petites et abîmées...
Lorsque j'étais à la fac, j'ai pris des cours de yiddish et j'étais capable de déchiffrer un peu cette écriture ; maintenant, j'en suis totalement incapable... Il faudrait que je ressorte mes vieux cours du grenier et que je m'y remette...
La prochaine étape (au printemps) consistera à nettoyer correctement chaque pierre pour pouvoir y lire les inscriptions ; ce sera long et compliqué parfois, car il va falloir y aller à la brosse à dent !!!
Le soir, en quittant l'endroit, un dernier regard vers les pierres, avec l'impression d'avoir contribué à redonner vie à ce lieu de mémoire...